jump to navigation

Etats généraux de la bioéthique : entre manipulation et sagesse citoyenne 3 juillet 2009

Posted by Mérode in Lu pour vous.
trackback

Les Etats généraux de la bioéthique se sont terminé fin juin et le rapport a été remis au gouvernement, qui devrait légiférer au cours de l’année 2010. Le site Doctissimo semble le regretter en titrant « des états généraux au goût amer » : les participants aux panels citoyens sélectionnés pour donner leur avis ont fait preuve de sagesse. Le Monde titre sur le même ton : « Une réforme des lois a minima« . Pas de révolution bioéthique en perspective, n’en déplaise aux « progressistes » qui font de la science un dieu : ni mère-porteuse, ni procréation médicale pour les homosexuels, ni utilisation des tests génétiques pour fabriquer des « enfants parfaits ». C’est ce que semblent regretter certains censeurs, qui critiquent déjà la méthode participative utilisée lors de ces Etats généraux… au nom de la démocratie ! Alain Claeys, député socialiste, président de la mission parlementaire sur la révision des lois de bioéthique, a estimé que « ce n’est pas en quatre mois qu’on peut prendre la réalité de l’opinion » et « trouver la vérité juste« . « Il ne faut pas instrumentaliser les États généraux« , a-t-il déclaré, estimant que ce serait « une grave erreur » de dire : « nous avons l’opinion des Français » ;  « on ne peut gommer le rôle du Parlement » et « discréditer la démocratie représentative« .

Mais nous devons regretter que la manipulation de l’opinion sur le statut de l’embryon ait conduit les panels citoyens à distinguer entre les embryons « destinés à naître« , qui doivent « bénéficier d’un statut protecteur« , et les embryons surnuméraires, conçus dans le cadre d’une fécondation in vitro. Sur ces derniers, la recherche pourrait selon eux être autorisée de façon encadrée, « dès lors qu’il n’y aurait plus de projet parental« . La subjectivité du choix des parents déterminera donc le droit à la vie d’une être conçu pour exister !

ASSISTANCE MEDICALE A LA PROCREATION

Les membres des « panels citoyens » se sont déclarés « unanimement » contre la pratique des « mères porteuses » (ou gestation pour autrui), interdite à ce jour en France, au nom du risque de « marchandisation » du corps humain, des risques médicaux pour la femme, du respect de l’intégrité… « Le corps doit pouvoir bénéficier d’un statut protecteur ». Ils ont refusé d’élargir l’accès aux techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP) aux célibataires et aux homosexuels, estimant qu’il fallait faire la différence entre « le médical » -pallier à l’infertilité d’un couple- et « le sociétal » (désir d’enfant). Ils se sont toutefois dits favorables à ce que les homosexuels puissent adopter, ce qui est hors du champ des lois de bioéthique.

Pour tenir compte de l’âge moyen de la maternité (29,6 ans), la ministre Roselyne Bachelot est favorable à repousser la limite de remboursement de la procréation médicalement assistée, fixée aujourd’hui à 43 ans. Elle est favorable aussi à une « levée encadrée de l’anonymat » des dons de gamètes, au nom du « droit irréfragable de savoir d’où on est issu ».

RECHERCHE SUR L’EMBRYON ET LES CELLULES SOUCHES EMBRYONNAIRES

Les membres des panels ont fait la différence entre les recherches sur les embryons « destinés à naître », qui doivent « bénéficier d’un statut protecteur », et les embryons surnuméraires, conçus dans le cadre d’une fécondation in vitro. Sur ces derniers, la recherche pourrait selon eux être autorisée de façon encadrée, « dès lors qu’il n’y aurait plus de projet parental », tandis qu’elle resterait interdite sur les foetus à naître. La loi actuelle permet à titre dérogatoire la réalisation de recherches sur les embryons surnuméraires.

DIAGNOSTIC PRENATAL ET PREIMPLANTATOIRE

Pour ce qui est du diagnostic prénatal (pendant la grossesse pour détecter une affection grave) et préimplantatoire (sur l’embryon conçu in vitro) les jurys citoyens « ne veulent pas qu’on utilise ces techniques pour répondre à toutes les demandes et pour éliminer les différences ». Autrement dit, « ils ne veulent pas d’un monde d’enfants parfaits ».

PRELEVEMENTS ET GREFFE D’ORGANES

Les membres des panels restent attachés à la gratuité du don. Ils réclament une information « moins opaque » dans le cadre du système actuel fondé sur le principe du « consentement supposé » et l’existence seulement d’un registre du non. Ils envisagent la possibilité d’élargir la greffe à partir de donneurs vivants à des personnes avec qui existe « un lien affectif durable », et non seulement dans le cadre étroit de la famille.

MEDECINE PREDICTIVE

Défendant le principe de la diversité de l’espèce humaine, ils craignent qu’on ne se serve de la médecine prédictive (tests génétiques indiquant des risques de maladies) « pour éradiquer toute forme d’anormalité ». Ils veulent protéger les individus contre les excès de cette médecine.

Publicités

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :