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Deux historiens accusent Pie XII avec un « inédit » publié il y a 46 ans ! 3 février 2010

Posted by Mérode in Lu pour vous.
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Une nouvelle tentative de désinformation contre le Pape Pie XII révélée par l’agence Zénit !

Un document présenté comme preuve de l’indifférence de Pie XII lors de « la rafle » des juifs de Rome le 16 octobre 1943, renferme une grave erreur de date de la part des historiens qui l’ont présenté : le texte a été écrit avant les faits qu’on veut lui faire dénoncer !

Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirment les deux chercheurs qui ont fait ces « révélations », il ne s’agit pas d’un document inédit : le texte avait déjà été publié en 1964 et était largement connu des historiens.

Dimanche dernier, l’agence italienne ANSA faisait état de « révélations » faites par Giuseppe Casarrubea et Mario Cereghino qui disaient avoir retrouvé dans les archives britanniques un document qui, selon eux, était daté du 19 octobre 1943, autrement dit trois jours après la rafle des juifs de Rome par les nazis.
Dans ce document, le chargé d’affaire américain Harold Tittman rend compte au gouvernement américain de son entretien avec le pape Eugenio Pacelli, qui « au lieu de s’indigner pour la déportation de plus de 1000 juifs romains s’était plutôt inquiété de la présence ‘de bandes communistes stationnées aux alentours de Rome’ », selon l’interprétation du document présenté par l’ANSA.

Or les chercheurs, comme l’explique dans un message envoyé à ZENIT le professeur Ronald Rychlak, de l’University of Mississippi, auteur de plusieurs recherches sur Pie XII, ont commis une grave erreur dans la lecture de la date.
« Le message transcrit à Washington par Harold Tittmann est daté du 19 octobre, mais il y a une erreur. Les comptes-rendus du Vatican montrent que sa rencontre avec le pape a eu lieu le 14 octobre », affirme-t-il.
‘L’Osservatore Romano’ du 15 octobre 1943 rapporte en effet en première page qu’Harold Tittmann a été reçu par le pape en audience privée le 14 octobre », alors que la rafle contre la communauté juive a eu lieu le 16 octobre.
« Apparemment, le chiffre ’14’ a été lu par erreur comme un ’19’ », relève Ronald Rychlak. « Le pape ne parlait pas de la rafle des juifs car elle n’avait pas encore eu lieu ! ».
« Sa préoccupation était qu’un groupe de communistes ne commette un acte de violence, un fait qui aurait eu de sérieuses conséquences. Bien entendu, au printemps suivant, les faits lui donnèrent raison », conclut le professeur.
Dans les révélations des deux chercheurs figure une autre grave erreur, puisqu’ils ont présenté leur texte à l’ANSA en disant qu’il était inédit. Le document en réalité a déjà été publié en 1964 et les historiens le connaissent bien. On le trouve dans la série « Foreign Relations of United States » (FRUS), à l’intérieur du deuxième volume relatif à l’année 1943, pag. 950.

Sur son blog, Andrea Tornielli, vaticaniste du quotidien italien « Il Giornale », rappelle que Casarrubea et Cereghino ne sont pas nouveaux dans ce type de « révélations ».
« En octobre 2008, écrit Andrea Tornielli, ils passèrent pour inédit un document pour l’utiliser contre Pie XII (toujours répercuté par l’ANSA) et furent obligés de s’excuser, comme on peut le lire sur le site vaticanfiles.splinder.com ».
Cette question a également été soulevée par le professeur d’histoire italien Matteo Luigi Napolitano, spécialisé dans les relations entre l’Etat et l’Eglise et l’histoire des traités et des politiques internationales à l’université d’Urbino, qui déclare, sur la page I segni dei tempi, que le document cité par Casarrubea et Cereghino est également connu dans sa version italienne, ayant été publié par Ennio Di Nolfo dans son livre « Vaticano e Stati Uniti: dalle carte di Myron Taylor » (Milan 1978, republié en 2003).
Le document que les deux chercheurs qualifient d’ « inédit », rappelle-t-il, a été présenté et discuté dans les biographies et dans bon nombre d’essais sur Pie XII, « des livres que de toute évidence Casarrubea et Cereghino ne se sont pas donnés la peine de lire, continuant à faire passer pour « neuves » et « inédites » des choses que les historiens, les historiens sérieux, connaissent et dont ils discutent depuis des années ».

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