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Une communication de Frigide Barjot, agitatrice 9 février 2011

Posted by Mérode in Campagne.
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Le petit garçon turc Umut-Talha né il y a 10 jours et qu’on nous a miraculeusement présenté hier – jour d’ouverture des débats sur les lois bioéthiques – sur toutes les chaînes, avec moults directs de son papa scientifique, le Pr Frydman, est une prouesse médicale – et médiatique – incontestable; elle sera totale quand la grande sœur sera sauvée, ce que tout le monde espère… Mais il est utile de rappeler ici ce qui n’a pas été souligné dans les medias hier : le contexte scientifique de sa naissance pose des questions éthique et politique majeures… même en sauvant la vie de sa sœur, ce qu’on ne saura que dans quelques semaines.

• Au-delà du principe philosophique qui ne saurait en aucun cas transformer un être humain en moyen, les conséquences psychologiques et affectives d’une conception « utilitaire pour autrui » peuvent être extrêmement handicapantes pour l’enfant et sa famille.
La secrétaire d’Etat à la Santé, Nora Berra, a déclaré mardi, après la naissance de ce premier «bébé du double espoir», ne pas pouvoir «approuver l’instrumentalisation de la conception».
Comment ce petit se sentira-t-il vraiment aimé pour lui-même, sachant qu’il est là pour une autre raison que lui-même?
A-t-on mesuré le handicap psychologique que pourrait représenter pour lui et par malheur, l’échec de la greffe pour laquelle Umut-Talha a été mis au monde ? L’espoir s’effondrera pour la sœur, et aussi pour le petit frère qui portera la culpabilité de cette défaite. Et si la greffe réussit, le risque est fort aussi que sa sœur se sente « débitrice » de son frère à vie … Il ne faudrait pas rajouter un handicap moral à la maladie génétique de la famille.

• Pour que cet enfant naisse selon le double « cahier des charges » non malade et immuno-compatible, il a fallu fabriquer, trier et éliminer beaucoup d’embryons…
En règle générale, le bébé-« médicament » nécessite un double tri d’embryons, donc la fabrication d’un nombre important au départ. D’abord, il faut éliminer les embryons porteurs de l’affection dont souffre la grande sœur à soigner. Ensuite, dans le stock d’embryons sains, un 2ème tri est effectué qui permet de ne garder que des embryons immuno-compatibles pour la greffe envisagée. En l’espèce, il a été fabriqué 6 embryons; il est resté au final 2 embryons sains, dont un seul compatibe : le Pr Frydman a assuré que les 2 avaient été réimplantés, et que grâce au Ciel, seul le compatible s’est développé. Mais dans d’autres cas, on pourra admettre explicitement de supprimer des embryons sains qui ne seraient pas compatibles pour une greffe.
Le cas d’Umut-Talha est exemplaire : d’habitude, pour obtenir un embryon qui corresponde au « cahier des charges », on a évalué qu’il faut fabriquer une trentaine d’embryons dont un ou deux seront gardés. Pour une FIV « de base », il faut, en France et en moyenne une vingtaine d’embryons.

On peut arriver au même résultat en développant les banques de sang de cordon. Il faut faire les choix politiques qu’appelle le dynamisme de la natalité française.
La greffe qui aura lieu prochainement sur la sœur du petit garçon nécessite le sang de cordon de celui-ci Aujourd’hui il existe des banques françaises et internationales de sang de cordons; il est donc possible de rechercher parmi les greffons de sang de cordon celui qui permettrait de traiter la pathologie considérée. Certes il faut des stocks conséquents pour cela; mais avec plus de 800 000 naissances par an, la France, championne d’Europe d’accouchements, est parfaitement en mesure de constituer les réserves nécessaires. Or, il faut savoir que la pénurie de sang de cordons ombilicaux de 2010, entrainant un problème pour les greffes immuno-compatibles (il faut pour cela disposer d’échantillonnages variés) est consécutive à l’absence de choix politiques clairvoyants au début des années 2000. Cette lacune politique peut, et doit impérativement être comblée en 2011.

• Le cadre legislatif de cette expérience n’a pas été respecté.
Autorisé par la loi de bioéthique de 2004 à titre expérimental, l’usage de cette technique avait été limité à un délai de 5 ans. La technique du bébé-« médicament » aurait dû faire l’objet, dans cette durée, d’une expérimentation, puis d’une évaluation avant d’envisager d’être reconduite. Cela n’a pas été le cas puisqu’il n’a pas été fait usage de cette technique depuis 2004 (cf. le rapport du conseil d’Etat en mai 2009). L’inscrire définitivement par les actes en 2011 est en contradiction avec la loi.


Peut-on donc, à la faveur de la révision des lois bioéthiques, privilégier les méthodes thérapeutiques qui n’éliminent pas d’êtres humains dès leur conception, ou ne les vouent pas à un utilitarisme dont les séquelles psychologiques pèseront sur leur développement affectif – voire physique – toute leur vie ?

Si vous êtes d’accord, des pétitions sont à votre disposition :

L’Appel aux Députés contre l’autorisation généralisée de recherche sur l’embryon, proposée par votre servante et signé par plus d’une vingtaine de personnalités du monde scientifique, économique, juridique, philosophique, artistique et médiatique est désormais ouvert au public sur www.appelaverite.com. Ne vous gênez pas pour le signer…
L’union faisant la force, je vous propose
La pétition de l’ADV sur 4 points préoccupants du projet de révision http://www.adv.org/
La pétition pour un moratoire sur les recherches embryonnaires des « 2ailes » http://www.les2ailes.com/

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